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| ARTICLE du 16/01/2008 20:47:31 1 : La France en guerre 1939-1945 |
Avant-propos: Pendant plus de six ans, le courrier attendu par les uns, appréhendé par les autres a été distribué par centaines de millions de documents sur le front, dans les géôles, les camps et les foyers
Au début des hostilités, dans sa "carrée", le soldat écrivait pour savoir si sa chatte avait eu ses petits ou si le raisin avait mûri depuis son départ. Puis il commença à s'ennuyer loin de sa fiancée, de ses parents ou de ses copains. Il leur écrivait tous les jours car il avait soif d'attention, de tendresse et d'amour. Ensuite les choses se corsèrent : il ecrivit pour demander des colis car il commençait à avoir faim. Chaque jour, il attendait des nouvelles qui se faisaient de plus en plus rares. Les jours passèrent, il monta au front et voulut l'écrire pour le dire ; mais là, il se sentit frusté ; on lui interdit d'en parler. Plus tard, ce fut la "débacle"et il se retrouva derrière les barbelés. Sa famille reçut un avis de capture. Il n'obtint presque plus de nouvelles car elles lui étaient comptées. Puis ce fut le drame car il n'eut plus la liberté d'écrire tous les jours à sa fiancée. Il ne put s'exprimer lorsqu'il avait le cafard et ce manège dura jusqu'à la délivrance, 4 ou 5 ans plus tard.
L'interné eut encore moins de chance car on lui imposa très souvent le papier à lettres du camp et "Dame censure" épia tous ses mots. Il n'eut plus le droit de faire part de ses souffrances, ses heurts avec ses géôliers, etc...
Quant au déporté, ce fut encore pire. Il avait le droit d'écrire des banalités mais parfois ses lettres ne parvinrent jamais. Attendre la mort sans recevoir de courrier, c'était déjà la fin....
Périodiquement, documents à l'appui je reviendrai sur tous ces sujets qui ont jalonné cette période douloureuse. (On clique sur le document pour le détail)
En hommage à tous nos aînés qui ont participé à son sauvetage, j'entame aujourd'hui mon devoir de mémoire (loin d'être exhaustif) alors qu'il y a 70 ans débutait ce drame qui a bien failli voir notre patrie rayée de la carte.
Vous trouverez dans mon évocation une connotation philatélique, le courrier postal de 39/45 restant l’un des précieux témoins de l’époque. La rédaction de mon blog me donne aussi l’occasion de célébrer 40 ans après, mon adhésion aux Postiers Philatélistes en 1968 (aujourd’hui PHILAPOSTEL http: www.philapostel.com )
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| ARTICLE du 23/02/2008 16:42:13 2 : Des raisons du conflit |
Après avoir quitté la société des nations en 1933 et rétabli le service militaire en Allemagne en 1935, pour reconstituer une grande armée au mépris du traité de Versailles, Hitler, pour marquer sa force remilitarise en 1936 la rive gauche du Rhin : ce n’est qu’un coup de bluff car à l’époque l’armée allemande n’est pas en mesure de s’opposer à une réaction de la France.. Encouragé par ce premier succès, Hitler entreprend alors l’annexion de l’Autriche qu’il considère comme allemande. Ce sera chose faite en mars 1938. Voici venir le tour de la Tchécoslovaquie ; sa région des Sudètes abritant une population de langue allemande est convoitée par le führer qui exige son rattachement au Reich. La Tchécoslovaquie fait appel à ses alliés français et britanniques pour s’opposer à l’annexion d’une partie de son territoire. Une conférence se tient à Munich le 30 septembre 1938 pour régler la crise : les résultats sont catastrophiques, car, pensant maintenir la paix Français et Britanniques sans en aviser les Tchèques, répondent favorablement aux exigences du dictateur. C’est avec soulagement que de nombreux Français acceptent la signature des accords de Munich. Ils déchanteront assez rapidement. Six mois plus tard, l’Allemagne occupe toute la Bohème Moravie transformée en protectorat. Mais Hitler n’est pas toujours prêt à s’arrêter. Après la Tchécoslovaquie, il se tourne vers la Pologne. Afin d’éviter une guerre sur deux fronts, le 23 août 1939, il réalise le tour de force de signer un pacte de non agression avec l’Union Soviétique et avec Staline prévoit de se partager la Pologne. Le 1er septembre 1939, l’Allemagne attaque la Pologne, la Grande Bretagne et la France décident alors de lui déclarer la guerre à compter du 3 septembre. La deuxième guerre mondiale venait de débuter en Europe. |
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| ARTICLE du 23/02/2008 17:00:46 3 : La "Drôle de Guerre'" |
Le 3 septembre en début de soirée, les gendarmes de Lagor (64) viennent coller sur le tableau d'affichage de la mairie de Maslacq, mon village natal l'avis de mobilisation générale, suite à la déclaration de guerre à l'Allemagne depuis ce matin 11 heures, après l’attaque foudroyante d'Hitler contre la Pologne. Il faut souligner que c'est sans lui avoir déclaré la guerre que l'Allemagne a envahi ce pays. C'est sous les bombes ennemies que Varsovie est tombée après une résistance héroïque. Au lendemain où la Pologne est rayée de la carte, la Petite Gironde, commentant l'évènement et pour nous remonter le moral se plait à souligner qu'en France, notre puissante armée ne se battra pas chevaux contre chars comme en Pologne : "N'oublions surtout pas que nous sommes protégés par la Ligne Maginot qui stoppera toute invasion allemande ».
En effet, le 4 janvier 1930, André Maginot (1876-1932) Ministre de la guerre avait bien fait voter une loi décidant la construction dans le nord de la France d'une ligne de fortification qui portera son nom. A l'origine, cette ligne fortifiée devait s'étendre sur un front de 200 kilomètres sur 15 de profondeur. Mais par mesure d'économie, ses flancs et ses arrières ne furent point construits, laissant ainsi la frontière belge sans protection, ce qui facilita l'accès des troupes allemandes en 1940.
Après de violentes escarmouches, le calme s'instaurant depuis plusieurs semaines de part et d'autre du front, dans la revue Gringore le 26 décembre 1939, qualifiant ce conflit, l'écrivain Roland Dorgelès emploie pour la première fois l'expression : "la drôle de guerre" pour les Français, "la guerre des haut-parleurs", pour les Anglais et "la guerre assise" pour les Allemands relatant ainsi l'atmosphère qui règne sur le front de l'Ouest. En effet, à l'issue de l'offensive de l'armée française de la Sarre en septembre et la contre-offensive des Allemands, plus rien ne bouge et chacun reste chez soi. Il faut tout de même savoir que pour la France, ce calme lui est profitable, il lui permet de combler son retard en armement alors que lui manquent canons antichars, pièces de DCA et munitions d'artillerie. De plus, à l'exception de la chasse, l'aviation française n'a pas encore atteint le niveau souhaité ; il lui manque des bombardiers modernes et des avions d'observation. Pour nous consoler il nous reste bien sur terre la ligne Maginot ce complexe fortifié infranchissable et sans équivalent en Europe. (Tu parles ! )
Mais ici les journées s'écoulent uniformément vides. Heureusement, pendant qu'il faisait beau on pouvait encore tuer le temps en allant faire trempette dans le Rhin. Mais que faire aujourd'hui alors que le froid arrive? Des réservistes pères de famille ont déjà été renvoyés chez eux et beaucoup d'ouvriers, affectés spéciaux ont regagné les usines où ils seront plus utiles que sur le front. Pour ceux qui restent à taper le carton et les autres qui fument à longueur de journée pestant après ces permissions qui n'arrivent jamais, que faire? Chaque soir, le commandement ne s'y trompe pas et s'emploie à faire monter son monde sur les planches. Après une dernière révérence, la Madelon quitte ses jupes et ses souliers à talon et enfile rapidement son uniforme pour reprendre sa garde. Ainsi, toutes les bonnes volontés sont requises pour jouer du Beaumarchais, Corneille, Racine ou Molière. Paraissant également en Mistinguett où Maurice Chevalier les pioupious distraient leurs camarades.
Parallèlement, pour vaincre l'ennui qui sévit sur le front et dans les casernes, La Poste n'a pas attendu la déclaration de guerre pour leur offrir la franchise postale. Celle-ci concerne les lettres simples, c'est à dire « ne pesant pas plus de 20 grammes provenant ou à l'adresse des militaires des armes de terre, de l'air et de mer. » Mais à la veille de la seconde guerre mondiale, la mise en place de la Poste aux Armées ne se fit pas sans mal. Dans les deux mois qui suivirent la mobilisation générale on assista à un blocage de l’acheminement du courrier : manque de personnel à tous les niveaux et lacunes dans l’organisation, autant de facteurs où chacun se renvoyait la balle. Malgré mes 13 ans en 1939, il me souvient que la découverte de 75 wagons remplis de courrier sur une voix de garage fit grand bruit à l’époque. Fort heureusement les effets d’une nouvelle organisation se faisant sentir, la situation finit par se normaliser.
Avec la Poste aux Armées, les Secteurs Postaux- recevaient et distribuaient la correspondance destinée aux militaires de leur ressort. Ils recueillaient et acheminaient la correspondance et les colis expédiés par ces mêmes militaires ainsi que par tous les autres se trouvant momentanément en situation d’utiliser leurs services.Tous les plis non remis pour une raison quelconque aux militaires ou à leurs correspondants étaient dirigés sur le bureau central des rebuts situé à l’Hôtel des Postes rue du Louvre à Paris qui les traitait à l’exclusion de tous les renseignements « secret défense ». (doc 3)
Dès la déclaration de la guerre, tout fut mis en œuvre pour l’organisation des secours aux blessés du Front. A côté des hôpitaux militaires qui existaient déjà, on adjoint des hôpitaux complémentaires généralement réquisitionnés dans les édifices publics. Mais le secours aux blessés ne s’arrêta pas là et dès la mobilisation des trains sanitaires semi-permanents furent mis en service pour les blessés couchés. Placé sous la direction d’un médecin assisté d’un personnel compétent, chaque convoi comprenait treize wagons de voyageurs aménagés pour les blessés, un wagon chauffé à l’aide de poêles, un wagon cuisine, un wagon pour le personnel et deux pour le matériel, le tout était tracté par une locomotive de la SNCF (doc 25) |


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| ARTICLE du 25/02/2008 11:02:16 4 : De l'opération "Dynamo" à la "Débacle" |
Le 10 mai 1940 à l’aube les Allemands lancent leur offensive à l’ouest et envahissent la Belgique et les Pays Bas. Aussitôt les troupes françaises entrent en Belgique à la rencontre de l’armée Allemande tombant ainsi dans le piège que leur a tendu Hitler. Les 12 et 13 mai 1940, 7 divisions Panzers s’engagent dans les Ardennes et franchissent la Meuse le 14. Le Massif des Ardennes qualifié d’infranchissable par les généraux français est en réalité mal défendu. Sedan tombe; le front est percé. Les Panzers s’engouffrent à grande vitesse dans la brèche ouverte et le 21 mai, ils atteignent la Manche. Les troupes alliées sont coupées en deux et l’état-major dirigé par le général Gamelin se trouve incapables de réagir. Fort heureusement et on n'a jamais su pourquoi, Hitler donna l'ordre aux Panzers de s'arrêter devant Dunkerque. Il faut aller vite pour évacuer ces 328.226 combattants dont 110.000 Français. Ce fut l’opération « Dynamo ».
A ce sujet, j'ai retrouvé le témoignage de l'un des Français évacué le 1er juin 40 à bord du "Georges V" écrivant à sa fiancée " Tu ne peux pas t'imaginer les souffrances que j'ai endurées et les durs moments que j'ai traversés. Nous avons embarqué ce matin avec maintes difficultés à Dunkerque car nous allions être massacrés ou tués. Depuis l'Angleterre nous devons rembarquer pour la France et là, je compte venir te voir. Si tu me voyais, je suis d'une saleté repoussante, mais c'est rien quand on a sauvé sa peau. Je rentre en France avec rien comme affaire. Il nous a fallu tout abandonner sur place : sacs, armes, bottes, musettes ; ça fait mal au cœur, je remets ce mot au vaguemestre Anglais du bateau car nous débarquons dans une heure. . (56 et 57)
A son arrivée en Angleterre le 2 juin, il poursuit:" nous avons fait une bonne traversée et nous sommes arrivés hier au soir. Là nous avons pris le train et roulé toute la nuit pour arriver ce matin dans un port Anglais à l'extrémité de l’Angleterre. Voici un extrait de sa lettre à son retour en France " Depuis plus d'un mois je suis sans nouvelle de toi et j'ai appris que toutes les lettres que j'ai écrites même celles d'Angleterre ne te sont pas pavenues car le courrier pour nous ne fonctionne pas. Depuis notre débarquement en France nous voyageons tous les jours mais nous ne savons pas où aller pour nous reformer. Avant hier nous étions à Evreux ; nous allions nous rapprocher de Versailles quand nous avons appris que Mantes avait été bombardée et que dans cette direction, aucune communication n'était possible. Pendant notre court séjour à Evreux dimanche, la gare a été totalement détruite par les bombardements. Nous sommes repartis à pied dans la nuit et avons fait 35 km en direction de Dreux. Certainement que ce soir, nous déménagerons encore.....je te recommande : quand il y a alerte, ne néglige pas de descendre à la cave...."
31 mai, capitulation à Lille du général Molinie ; le 7 juin, Rommel s'ouvre la route de la Seine, les Allemands franchissent la Somme ; Le 9, occupation de Dieppe, Rouen et Dunkerque ; Le 12, Weygand, donne l'ordre de retraite. Le 13, les Allemands prennent Orléans. ; le 14, après l'avoir contournée ils défoncent la ligne Maginot et le 17 forcent ses 22000 défenseurs à se rendre.
Moins de trois semaines après le début des combats, la situation est désespérée. Cette défaite qui s’annonce jette sur les routes près de dix millions de Français ; c’est l’exode. Cette fuite en avant est un véritable cauchemar pour les populations qui doivent tout abandonner et fuir sous les bombardements de l’aviation allemande. Des villes entières se vident, les maisons sont pillées. A Chartres, le préfet Jean Moulin a choisi de rester à son poste pour secourir les réfugiés. Pour faire face à la gravité de la situation Paul Raynaud le chef de cabinet, remplace le général Gamelin par le général Weygand et appelle le Maréchal Pétain au gouvernement en espèrant que par son prestige le vainqueur de Verdun redonnera confiance aux Français. Mais c’est l’inverse qui s'est produit. Pétain est convaincu que la défaite est inévitale.et qu’il n’y a plus rien à faire.
Début juin, l’armée allemande perce les défenses françaises et envahit le reste du territoire. La situation s’aggrave encore lorsque l’Italie déclare la guerre à la France. Ce même jour, le gouvernement quitte la capitale pour se réfugier à Bordeaux. Le 14 juin, les Allemands rentrent dans un Paris quasiment désert sans essuyer un seul coup de feu. Le 16 juin, le sort en est jeté ; Paul Raynaud donnant sa démission, Le président de la Républiquen Albert Lebrun demande au maréchal Pétain de former le nouveau gouvernement. |




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| ARTICLE du 25/02/2008 18:14:14 5 : L'Armistice de 1940 |
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Dès le lendemain, Pétain appelle à cesser le combat :« Françaises, Français. Je fais à la France le don de ma personne. C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser les combats. Je me suis adressé cette nuit à l’adversaire pour lui demander s’il est prêt à rechercher avec moi entre soldats après la lutte et dans l’honneur, à mettre un terme aux hostilités. »
Le 18 juin, de Gaulle qui s’est envolé pour Londres demande aux Français de poursuivre la lutte et lance son appel au micro de la BBC : « Il est absurde de considérer la lutte comme perdue. Oui, nous avons subi une grande défaite. Un système militaire mauvais, les fautes commises dans la conduite des opérations, l’esprit d’abandon du gouvernement pendant ces derniers combats nous ont fait perdre la bataille de France. Mais il nous reste un vaste Empire, il nous reste des alliés dont les ressources sont immenses qui dominent les mers, il nous reste de gigantesques possibilités grâce à l’industrie américaine car cette guerre n’est pas une guerre Franco-Britannique mais une guerre mondiale. Moi, général de Gaulle, j’entreprends ici en Angleterre, cette tâche nationale. J’invite tous les militaires français des armées de terre, de l’air et de mer, j’invite les ingénieurs et les ouvriers français spécialistes de l’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui pourraient y parvenir à se réunir à moi. J’invite tous les Français qui veulent rester libres à m’écouter et à me suivre. Vive la France libre dans l’honneur et dans l’indépendance »
Avec une étonnante clairvoyance de Gaulle fait en 1940, le pari fou du courage, de l’honneur et de la conduite contre le nazisme dans une France libre et indépendante. Mais dans le cahot de ce mois de juin 1940, rares sont les gens qui ont entendu l’appel et plus rares encore ceux qui lui répondent. La population est sur le choc et il y a de quoi. La France a été vaincue en cinq semaines. 90.000 soldats français ont été tués et plus d’un million et demi sont faits prisonniers. .Les Français traumatisés s’en remettent à celui qui parait-être leur unique bouée de sauvetage : l’Etat.
L’Armistice est signé le 22 juin 1940 à Rethondes dans le même wagon de la capitulation de l’Allemagne en 1918. La France est totalement désarmée à l’exception de sa flotte de Guerre mais celle-ci devra demeurer dans ses ports d’attache. L’Allemagne conserve 1.500 000 soldats français capturés et qui deviennent de véritables otages. Et clause particulièrement humiliante, la France doit remettre au vainqueur tous les résistants allemands qui s’étaient réfugiés chez elle avant les hostilités.
La ligne de démarcation : Lors de la signature de l’Armistice, l’acte de capitulation de la France précisait que le Reich plaçait sous sauvegarde militaire les trois cinquièmes de la France dont les principales villes industrielles de la côte Atlantique et celles-ci dans leur intégralité. Ce sera la zone occupée, le reste de la Métropole est libre. Dés le lendemain toutes les liaisons sont coupées entre les deux zones. La ligne de démarcation était née avec toutes ses contraintes notamment dans les relations postales (nous allons y revenir). La ligne de démarcation passait donc à Dôle, Chalon/Saône, Paray-le-Monial, Moulins, Vierzon, à l’est de Tours, puis Mont-de Marsan, Orthez et Saint-jean-Pied-de-Port.
L’armée d’occupation s’installe en zone nord et c’est la France qui doit en assure le fonctionnement en versant à l’Allemagne une indemnité fixée à 400 millions de francs par jour, somme énorme au regard de son budget de fonctionnement. Ces conditions sont dures mais Hitler veille à ce qu’elles ne soient pas inacceptables. Que souhaite le führer à cette date ? Pour lui la France n’est qu’une étape il peut reprendre la guerre contre la Grande-Bretagne puis s’attaquer ensuite à l’Union soviétique. Il lui suffit que la France soit vaincue, que sa flotte soit neutralisée et qu’elle ne renforce pas la flotte britannique.
La Poste sinistrée fait face : Au lendemain de la débâcle, un très grand nombre de bureaux de poste furent durement éprouvés par les combats et les bombardements, d’où l’absence totale ou partielle pour fonctionner. Le bilan fut très lourd : 110 bureaux de poste détruits et 950 très endommagés. Parmi les bureaux en ruine, citons : Breteuil/Noye (Oise), l’hôtel des Postes de Calais, Vernon (Eure), une douzaine de bureaux détruits dans la Somme et dans les départements du nord de la France. A cette liste, il convient d’ajouter : 60 centraux téléphoniques, des centaines de kilomètres de lignes aériennes disparues etc.
Les cartes postales commerciales interzones: ces cartes de couleur verte étaient vendues 90 centimes dans les chambres de commerce qui les griffaient en retour avant de les réexpédier. Comme leur nom l’indique, elles furent créées pour les messages entre zone libre et zone occupée. Leur nombre limité à 500 par jour passa à 1000 le 5 mai 1941. La note de service 106B précisait que la correspondance commerciale devait être établie à la machine à écrire.
Les cartes postales familiales interzones : La circulaire du 24 septembre 1940 annonçait l’émission de cartes familiales entre la zone libre et la zone occupée. Ces entiers postaux étaient vendus 90 centimes pour une valeur d’affranchissement de 80 centimes : la figure du type Iris ne portait pas de valeur. On peut regarder au verso que le texte de caractère strictement familial comporte 14 lignes préparées et à compléter le cas échéant : s’il était permis de biffer les indications inutiles, il était interdit d’en ajouter à côté. Une note du 4 décembre 1940 parue au journal officiel du 31/12/40 apporte à ce sujet les précisions suivantes :
1. La correspondance doit être de caractère familial
2. Rien ne doit être écrit en dehors des lignes.
3. En regard des mentions imprimées, peuvent seules être
ajoutées les mentions manuscrites se rapportant
à ces mentions.
4. Si les mentions imprimées sont biffées, la ligne ou portion
de ligne sur laquelle elles figurent doit rester en blanc.
5. Seules les deux dernières lignes sont réservées à la
correspondance familiale libre.
Le service « PARIS RP -cartes familiales » centralisait les envois émanant de la zone occupée. Le bureau de poste de Vichy (Allier) assurait la centralisation des envois émanant de la zone non occupée. (64 recto 64 verso)
Les cartes familiales interzones d’état-civil : La machine administrative était grippée et d’une zone à l’autre les services de l’état-civil dans les mairies ne pouvaient fonctionner. Sur intervention du Ministre de l’Intérieur, dès 1942, les demandes d’extraits de naissance et de mariage purent être formulées par CP interzones spéciales pour l’obtention des cartes d’identité des Français. (69)
Les cartes familiales avec surtaxe avion : Une circulaire du 23 décembre 1940 autorisait l’acheminement par avion des cartes qui devaient conserver strictement un caractère familial. La surtaxe avion était fixée à 80c pour les envois avec franchise militaire et à 3F pour les particuliers : comme il était interdit de coller des timbres sur les entiers postaux, la surtaxe avion était exigée par le bureau de départ et une griffe de perception de la taxe était apposée par le bureau de transit le plus proche.
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