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14-18
Bienvenue sur mon blog
14-18
Description du Blog :
Avec nos poilus dans les tranchées de
1914 à 1918, une vision de La Première
Guerre Mondiale racontée aux jeunes
générations.


STATS BLOG
Lancé le 04/06/2008 à 10:36:13
Modifié le 31/08/2008 à 08:56:41
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Début || Page 2 suiv Fin

ARTICLE du 08/07/2008 19:58:00   1 - Qui sommes-nous?

Dignes descendants des « grognards », pourquoi diable nous appelle-t-on les « poilus » ? Bien malin celui qui peut nous répondre. Ce sobriquet pas toujours flatteur au début de la grande guerre devint ensuite la dénomination élogieuse du brave soldat de France. Ainsi, la guerre des tranchées n’a plus de secrets pour nous et ne diminue en rien nos qualités d’attaquant.
Au début de la campagne nous étions habillés de la tenue classique : pantalon rouge, capote bleu foncé et képi rouge recouvert d’un manchon de toile bleu foncé. Mais comme notre uniforme était visible de très loin il fut décidé en haut lieu d’en modifier la couleur. Le rouge étant la couleur la plus voyante on commença par nous donner des cottes de toile bleues destinées à être mises obligatoirement par-dessus le pantalon rouge. Mais il faut savoir que cette mesure n’était que transitoire car peu de temps après nous fûmes tous habillés en gris de fer bleuté sauf les troupes africaines habillées en kaki.
Les officiers et sous officiers ont la même tenue que nous. On les reconnaît à leurs galons dont on a réduit la longu.eur dans de grandes proportions de manière qu’ils ne soient pas reconnus par les tireurs de l’ennemi choisis parmi les plus adroits qui ont pour mission de décimer nos cadres afin d’apporter le désordre à notre troupe privée de chefs.



ARTICLE du 08/07/2008 20:08:39   2 - Des tranchées sur tous les fronts

Ce sont les Allemands qui les premiers ont creusé les premières tranchées. Sur un front de 800 Km des Vosges à la mer, à leur tour, nos sapeurs du génie creusèrent un grand fossé : la tranchée. Mais au contraire de l’antique tranchée de 1905, aujourd’hui (en 1914), nous sommes en présence d’un gigantesque fossé fortifié de Blockhaus fortement armé avec tous les moyens de défense : mitrailleuses, lance-bombes, grenades et fusils. Découverte ou couverte, la tranchée est nantie de radars où nos tireurs s’abritent, nous disposons également de chambres de repos et d’abris pour nos téléphonistes.
La tranchée n’a pas été établie suivant des règles fixes. Elle s’adapte aux mille circonstances du terrain ; elle court au flanc des collines s’enfonce dans les bosquets utilise les fossés lorsqu’ils bordent les routes et les remblais qui les protègent. Lorsque de longs mois de guerre ont passé sur les tranchées, celles-ci deviennent de véritables forteresses. Le tireur vise derrière un bouclier protecteur et dispose de pare-éclats si l’ennemi lance des grenades ou des bombes.



ARTICLE du 08/07/2008 20:34:48   3 - Travaux de nos valeureux sapeurs

Pour creuser les tranchées, nos sapeurs du génie disposent de nombreux outils. Chaque compagnie possède 80 pelles-bêches, 80 pelles-pioches, 8 haches, 12 serpes, 4 cisailles et 1 scie articulée. Muni de ses outils, le sapeur creuse la tranchée disposant la terre sur le rebord du fossé comme premier abri. La profondeur règlementaire de la tranchée est de 1 m 40. On abrite la tranchée avec les nombreux objets que l’on a sous la main : volets, portes, fenêtres trouvées dans les ruines.
Les fils barbelés jouent un grand rôle dans l’établissement des tranchées. Ce sont nos sapeurs qui installent en avant de nos tranchées le réseau de fils barbelés garnis de pointes et solidement attachés à des poteaux préalablement effilés. Vingt ou trente mètres de profondeur de fils barbelés sont nécessaires pour obtenir une défense extrêmement difficile à détruire.
Cependant, ils n’hésitent, pas lorsqu’il s’agit d’aller couper les fils barbelés des tranchées ennemies. Chaque fois, ils rampent, la cisaille accrochée au flanc et sous la mitraille accomplissent une périlleuse besogne.
Si nos sapeur sont admirables de sang froid quand il s’agit de creuser une tranchée ou d’aller à la forêt des fils barbelés, ils sont encore plus héroïques lorsqu’ils vont creuser sous terre les kilomètres de galerie qui les conduiront jusqu’à la tranchée ennemie. Mais comment peuvent-ils y parvenir sans que l’éveil soit donné sous le terrain qui sépare nos positions des positions ennemies ? Après avoir choisi le point de départ de l’un des boyaux, ils forent un puits de profondeur variable de 5, 6, 10 m. C’est de ce puits que va s’allonger la galerie souterraine. Ils creusent alors le rameau principal d’une largeur de 1m à 1m 20 en prenant soin de sortir la terre au moyen de paniers qu’ils déversent dans le boyau. Ainsi le coup est joué l’ennemi ne voit rien.
Lorsque le premier boyau est arrivé à la moitié de la distance qui sépare nos tranchées des tranchées ennemies, on creuse deux rameaux divergents plus étroits de 80 cm environ, l’un à droite, l’autre à gauche comme deux bras écartés. A une dizaine de mètres de l’ennemi, on partage chacun de ces rameaux secondaires en deux autres pour obtenir quatre points d’arrivée sous les travaux ennemis. Un sapeur prend alors sa barre de mine, fore un trou qui aboutit directement sous l’ouvrage qu’il s’agit de faire sauter. Il élargira ensuite ce trou pour y introduire une charge d’explosif.
La charge de mélinite variable avec l’épaisseur de terre qui sépare le sol de la tranchée de la galerie ennemie est amorcée avec une capsule de fulminate de mercure coiffée d’une longue mèche à mine qu’on allume. L’explosion est formidable et les terres sont projetées dans un énorme nuage de fumée. A la place où a explosé la charge s’ouvre un entonnoir où nos fantassins se précipitent pour l’occuper. Voilà comment la guerre souterraine qui gronde sur tous les fronts nous ouvre chaque jour de nouveaux succès.



ARTICLE du 09/07/2008 07:27:08   4 - Notre quotidien dans les tranchées

Nous vivons parfois plusieurs semaines dans la tranchée avant de regagner un cantonnement à l’arrière pour goûter à un repos bien mérité. Ici le cantonnement comporte non seulement la tranchée de tir, appelée aussi tranchée de combat mais aussi des abris qui nous permettent de nous reposer lorsque nous ne sommes pas chargés d’assurer le service de garde.
Le service de garde est très important car il impose aux hommes de grandes fatigues en raison de l’attention constante qu’il exige. Son importance varie selon la distance qui sépare les tranchées ennemies, selon qu’il fait jour ou qu’il fait nuit, qu’il y a ou pas du brouillard ou devant les prémices d’une attaque imminente car il doit être établi que toute surprise de la part de l’ennemi soit absolument impossible. En réalité, une partie d’entre nous est aux créneaux pendant que l’autre se repose dans des abris se trouvant dans les parages de la tranchée de tir. Quant à ces abris, disons, et on le conçoit, qu’ils sont extrêmement primitifs ; ce sont des trous creusés dans la terre et en guise de toiture, recouverts de branchages ou de tôle ondulée. Autant que possible, ces abris doivent être mis à l’épreuve d’un bombardement moyen. Pour y parvenir, il suffit de les recouvrir de plusieurs couches de tôle ou de rondins séparés par une épaisseur de terre convenable. Il va de soi que même lorsque nous reposons dans ces abris, nous demeurons équipés en conservant l’arme à portée de la main car il importe en effet, qu’en cas d’alerte nous soyons en mesure de rejoindre notre créneau pour riposter immédiatement à toute attaque.
Lorsque nous sommes de garde, nous nous tenons debout dans la tranchée de tir, l’œil aux aguets, attentifs aux moindres mouvements de l’ennemi surveillant les travaux qu’il exécute, rendant compte des moindres modifications survenues à la tranchée ennemie et prêts à tirer sur quiconque qui se laisse voir. Ainsi, notre rôle de guetteur n’est-il pas sans danger car il arrive fréquemment qu’une balle bien dirigée traverse le créneau et tue l’homme qui observe derrière.
Pour parer à ce danger, en réservant la tranchée pour le tir, on utilise un autre moyen d’observation : les périscopes dont le principe est exactement le même que le sous-marin mais seulement de taille plus réduite. Ce périscope dont la partie supérieure seule dépasse la tranchée, permet à l’observateur d’avoir la tête protégée par le parapet. Mais même dans certaines tranchées très proches de l’ennemi ou les créneaux sont repérés avec tant de précision qu’il est impossible de s’en servir pour le tir, nous sommes pourvus de crosses coudées qui s’adaptent sur notre fusille lebel, nous permettant de tirer par-dessus le parapet de sans sortir la tête.
Le Lebel français (modèle 1886) a été créé à la suite des travaux d’une commission instituée au camp de Châlons en 1882, sous la présidence du colonel Lebel. On adopta successivement pour la nouvelle arme, la fermeture à tenons symétriques du colonel Bonnet en 1883, la poudre sans fumée dénommée poudre B en l’honneur du général Boulanger, la balle chemisée en maillechort du colonel Lebel (balle M), la boîte de culasse plate du contrôleur d’armes Clause, l’épée-baïonnette du colonel Capdevieille (0 k 460). Le Lebel est un fusil à répétition du calibre de 8 m/m, sans chargeur amovible. Le magasin aménagé dans le fût le long du canon, contient 8 cartouches qui servent de réserve, le tir coup par coup étant le mode de tir habituel prescrit par le règlement. Ce dispositif suranné alourdit le fusil (4 k 415) déplace le centre de gravité vers la bouche, gêne la mise en joue, rend le rechargement lent et incommode. L’arme avec sa baïonnette mesure 1m 825 de longueur. L’ancien Lebel de 1886 tirait une cartouche de 75 m/m de long pesant 29 gr 70, avec 2 gr 75 de poudre B (balle de 15 gr)
Afin d’éviter une dépense nouvelle, pour améliorer les performances de notre Lebel, on adopta en 1898 la balle B Desaleux bi-ogivale, pointue en laiton massif (12 gr 80 au lieu de 15 gr, 39 m/m de long au lieu de 30 m/m).
La charge a été portée à 3 gr de poudre B plombaginée ; la vitesse initiale a passé de 630 à 730 mètres, la portée maximum de 3200 à 4500 mètres et l’étendue de la zone dangereuse de 520 à 675 mètres. Ainsi transformé à moindres frais notre Lebel reste le meilleur fusil français et la première arme d'infanterie au monde.



ARTICLE du 09/07/2008 07:55:21   5 - Méthodes de combats de tranchées

A – La défensive : En cas d’attaque de l’ennemi, les guetteurs donnent immédiatement l’alerte et les hommes qui se reposent sont à leur poste en un clin d’œil avec leur fusil au créneau et le doigt sur la gâchette, prêts à ouvrir sur l’assaillant un feu nourri.
En cas d’attaque de nuit, on dispose de fusées éclairantes ou de projecteurs. On distingue deux modèles de fusées éclairantes : les unes ressemblent à celles dont on se sert pour tirer les feux d’artifices, les autres dites Cartouches éclairantes sont tirées au moyen d’une carabine ou d’un pistolet spécial. Leur durée d’éclairage est d’environ d’une à deux minutes. Quant au projecteur, semblable à un phare d’automobile d’une puissance plus grande que la fusée éclairante mais d’un maniement plus délicat il n’est utilisé que par des hommes spécialisés.
B – L’offensive : Si l’on désire au contraire attaquer et s’emparer d’une ou plusieurs tranchées ennemies, ordinairement on procède de la manière suivante : les troupes d’attaque sont amenées à pied d’œuvre, prêtes à partir en ligne dans la tranchée de départ, les suivantes sont massées dans les boyaux de communication qui y accèdent ou dans des places d’armes spécialement aménagées de façon que l’attaque puisse se dérouler par vagues successives d’hommes se suivant de très prêts et sans cesse renouvelées.
Une fois la tranchée conquise, il convient de l’organiser de manière à pouvoir résister aux contre-attaques tentées par l’ennemi pour la reprendre. Pour cela il convient de retourner la tranchée, c'est-à-dire faire de nouveaux créneaux sur l’autre bord, orientés sous la direction d’attaque ; fermer les boyaux de communication qui servaient à l’ennemi au moyen de tout le matériel que l’on peut avoir sous la main (sacs à terre, matériaux de démolition ou autres) ; assurer les communications avec l’arrière, en creusant des sapes qui permettent qui permettent de ravitailler les hommes en munitions et en vivres.
Dans la tranchée conquise nous devons faire preuve de grande vigilance car l’ennemi usera de tous les moyens pour nous la reprendre. Il faut que nos tireurs soient à leur poste. Il faut également que des équipes de bombardiers désignés à l’avance, emportent abondamment des grenades dans leurs musettes ou dans de petits paniers et surveillent l’accès des anciens boyaux de l’ennemi, prêts à le repousser à coups de grenades et de pétards s’il voulait forcer les barrages.
C – Les mitrailleurs, les télémetreurs : Les mitrailleuses sont organisées par compagnies. Chaque compagnie est commandée par un  capitaine et comprend trois ou quatre sections commandées chacune par un officier ou un sous-officier. Chaque section comporte deux pièces commandées par un caporal. Les servants de la mitrailleuse portent le nom de porteur, chargeur, pourvoyeur et télémétreur suivant le rôle qu’ils ont à remplir. Le télémétreur des mitrailleuses est un instrument de haute précision qui permet d’apprécier les distances avec beaucoup d’exactitude. Son mode d’emploi est des plus simples et des plus rapides et les chances d’erreurs minimes.
C – Postes de liaisons avec l’artillerie : A proximité des tranchées d’infanterie et souvent même dans les tranchées, se trouvent des postes d’observations d’artillerie occupés par un officier ou un sous-officier qui en plus de ses observations personnelles reçoit celles de l’infanterie. Ces postes sont reliés téléphoniquement et par signaux avec les batteries Ils permettent de déclencher automatiquement le tir de barrage en cas d’attaque et d’ouvrir le feu sur un objectif intéressant.
D – Rôle primordial du téléphone et du télégraphe : Le téléphone couvre d’un véritable réseau toute la surface du front. En effet, c’est par lui que sont reliés entre eux tous les éléments des armées et tous les états-majors du front aux postes les plus éloignés grâce à ce précieux agent de liaison qu’est le téléphone. Dès le début de la guerre les postes télégraphiques vivement installés ont rendu eux aussi les plus grands services sans oublier la grand rôle joué par la T S F dans ce conflit.



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